Commission Géographie féministe

Objectifs

Nos objectifs

Le féminisme n’est pas un sujet mais c’est plutôt un point de vue, une manière de voir le monde, une approche, un projet social et politique. Depuis les années 1970 jusqu’à aujourd’hui (de bell hooks au géographes féministes Bondi et Domosh entre autres), les productions féministes ont contaminées les sciences sociales et plus particulièrement la géographie. Elles ouvrent la porte à un changement épistémologique en géographie.

Les féministes ont orienté l’attention sur les limites de la production des connaissances traditionnelles comme croire qu’il est possible d’observer le monde « de l’extérieur », de façon « objective ». Le chercheur (homme, blanc, occidental) se conçoit trop souvent comme extérieur à la réalité observée, sans aucune place pour sa subjectivité. La méthode de recherche est souvent quantitative, elle adopte dans l’écriture la troisième personne du singulier et un style d’écriture aride, passif et soutenu par une terminologie technique. Ceci permet au savant de prendre de la distance avec tout type de responsabilité par rapport à son propre travail, en affirmant la nature non politique de la recherche scientifique. La critique féministe a réagi à l’idée que la scientificité (et donc la légitimité) des contenus soit subordonnée à ce type d’organisation méthodologique et stylistique.

En contrepied d’une posture « traditionnelle », et à la suite des féministes, nous souhaitons participer à la visibilisation des géographies qui font la part belle à la subjectivité, aux émotions, à l’engagement politique, mais aussi à celles qui ont des objets d’étude articulés au genre, au queer, à la décolonialité, qui discutent les catégories de pensée binaires en géographie, et participent au décloisonnement théorie/pratique et à la diffusion de l’écriture inclusive.

Assumer la subjectivité, renouveler les sources de connaissances : des géographies par les émotions comme contre-pouvoirs.

L’épistémologie féministe montre combien la production de la connaissance n’est pas objective : elle montre que les connaissances produites doivent d’abord aux producteurs de ces connaissances. Elle révèle l’articulation des connaissances aux structures de pouvoir. Les méthodologies féministes ont mis l’accent sur la composante subjective et le rapport d’influence mutuelle entre chercheur.e et sujet de la recherche (en particulier dans la recherche sur le terrain).

Aussi ces méthodologies permettent  d’interroger les sources de connaissances en géographie : quelles sont celles qui sont mobilisées ? Qu’elles sont celles qui sont oubliées ou effacées ? Elles  permettent de dévoiler les aspects « cachés », irrationnels, émotionnels, existentiels qui participent à la fabrique des géographies.

Choisir de travailler à partir des émotions c’est ainsi proposer une possibilité de dire autrement la géographie et peut-être source d’enpouvoirement pour celle ou celui qui parle.

Remettre en cause les catégories de connaissance binaires et figées et approcher les géographies par le genre, le queer et la décolonialité.

A la suite des études sur le genre, la théorie queer et  l’approche décoloniale nous souhaitons participer à la remise en cause d’une construction des connaissances en « tiroirs » où les catégories de pensée s’appuient sur la fixation de lignes rigides, sur la classification des phénomènes étudiés à partir d’une perspective binaire (la nature est opposée à la culture, l’homme est opposé à la femme, etc.) En géographie, nombre de catégorisations, de classifications, d’oppositions conceptuelles peuvent être remis en cause (découpage continental, opposition Nord/Sud, développé/en voie de développement, nature/culture…)

Approcher les géographies par le genre, le queer et la décolonialité ouvre la réflexion sur la production de la connaissance géographique et le rôle joué par les producteurs et  institutions dans la réitération d’un savoir qui met en lumière les sujets privilégiés et dominants et maintient dans l’ombre les sujets minoritaires.  En critiquant l’hétéronormativité dominante et la répression sociale des subalternes, ces approches permettent d’en faire sujets actifs du savoir, comme sujets producteurs et plus seulement comme « sujets étudiés ». En géographie, ces approches ont encore des marges de propagation.

Articuler savoirs et pratiques.

Le renouvellement de la géographie par le féminisme n’est pas seulement épistémologique, il peut se déployer dans des nouvelles pratiques qui découlent de la recherche et de l’enseignement. Nous souhaitons soutenir les projets qui permettent la création des nouveaux espaces de partages et de productions scientifiques universitaires au delà du binôme théorie/pratique, production académique/production militante.

Diffuser l’écriture inclusive en géographie.

Le déploiement de l’écriture inclusive en géographie doit être encouragé.

Responsables

   Rachele Borghi, Sorbonne Universités, rachele.borghi@paris-sorbonne.fr
   Emilie Viney, PRAG Sorbonne Universités, eviney7@gmail.com

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